« T’es bien un Meunier toi ! »
Famille(s), espaces, frontières et identités gitanes
Yoanna Rubio, Laboratoire LISTT, Toulouse
La Cité de l’espérance, petit bourg situé prés de Carcassonne, est vue par sa et la population comme le quartier gitan. Des familles gitanes y résident depuis 1967.
Si certaines sont devenues propriétaires d’autres sont toujours locataires auprès de l’office HLM. Cependant de leur déplacement, de leur pratique nomade plus que de leur nomadisme (plutôt que de « nomadisme » ne s’agit-il pas d’une façon gitane, propre à quelques familles de se déplacer et d’occuper l’espace?), de leur installation à la Cité de l’espérance se dégage tout un questionnement concernant les notions de territoire, d’espace, de modalités d’occupation de l’espace, d’habitat, de famille et d’identité(s).
La question de la typicité des espaces occupés et des rapports entre Gitans, entre les Payous et les Gitans ainsi qu’entre les membres d’une même famille, d’un même patronyme se pose également. Leur installation, leur façon particulière d’organiser et de découper l’espace et l’espace domestique découle de leur supposé nomadisme, mais est aussi à mettre en relation avec l’accès à la propriété et le type d’activités professionnelles qu’ils ont.
Tout cela à participé à une redéfinition, opérée par les Gitans eux-mêmes, de la notion de famille. L’organisation spatiale de la Cité de l’espérance reflète une organisation sociale et définit le degré de gitanité ou le type de gitanité de chaque famille. Il existe donc à Berriac, diverses façons d’être et de faire gitan(e)s en fonction de son appartenance à un patronyme, à une famille. Cette appartenance définit les rapports que les Gitans entretiennent avec l’espace, la famille, le corps, l’alimentation, le langage et le travail.
La définition et l’importance accordées à la famille conditionnent en partie les déplacements, les choix d’activités économiques, ainsi que les façons d’être, de faire et de dire. Une certaine idée d’interdépendance entre le collectif, le territoire et ses fonctions ou fonctionnalités, les activités économiques et les façons de faire plus que d’être Gitan émerge alors.
La définition et la conception de la famille chez les Gitans de Berriac soulèvent également la question de la ou des frontières. Les frontières géographiques, spatiales, culturelles, familiales sont alors interrogées par la simple approche de leur installation à Berriac, tout comme leur façon d’occuper et de cloisonner divers espaces. La question des frontières et de son traitement renvoie directement au mouvement identitaire typique des Gitans de Berriac et d’ailleurs.
Ces frontières qui semblent s’ajuster en permanence, ne résultent cependant pas seulement d’une simple opposition entre Payous-Gitans ; Gitans-Tsiganes ; Gitans-Gitans d’une même patronyme, mais bien d’un processus de différenciation faisant sans cesse jouer les concepts de différences/mêmeté. A Berriac, l’on n’est pas seulement Gitan mais un certain type de Gitan.
Bohèmes, tsiganes, nomades en Béarn et en Pyrénées Atlantiques
Présentation
Jean-Luc Poueyto
Les populations désignées, entre autres, par les termes « Bohèmes », « Tsiganes », « nomades » mais aussi « Gitans », « Manouches », « Roms », etc. s’avèrent souvent très différentes les unes des autres.
Domestiquer la ville par la débrouille
Une analyse des pratiques d’approvisionnement et de récupération chez les Roms roumains de Montreuil
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Cette communication propose une analyse des formes d’approvisionnement et des modalités de captation des ressources telles qu’elles ont été pratiquées par des Roms roumains dans la ville de Montreuil, entre les années 2006 et 2013.
La tactique comme mode discret de résistance
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Les personnes qui, sur la région paloise, se désignent elles-mêmes comme étant Manouches, qui sont liées entre elles par d’importants liens familiaux, qui affirment et montrent à de multiples occasions un très fort attachement identitaire semblent par ailleurs échapper sans cesse à toute forme de …
Tsiganes - la famille gênante et la démocratie sexuelle
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L’entrelacement des régimes de mobilité tsigane : le cas du sud-ouest français (années 1880-1950)
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Étude de divers régimes de mobilité dans le sud-ouest français dans l’entre-deux-guerres (mobilité locale des familles gitanes et manouches, passage de grands groupes kalderash entre France et Espagne ou s’apprêtant à embarquer pour l’Amérique depuis le port de Bordeaux).
La famille en France
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L’anti-tsiganisme, l’ethnologie des Tsiganes… et des Roms : quelques dilemmes à résoudre ?
Réflexions ouvertes sur le potentiel (et les limites) de l’ethnographie
Martin Olivera, anthropologue, Paris 8
Du discours républicain sur le triptyque “famille-travail-habitat” appliqué aux “nomades” : les cas d’Étienne Flandin et de Marc Réville (1908-1912)
Emmanuel Filhol, Université de Bordeaux, laboratoire SPH, Sciences, Philosophie, Humanités
La littérature de jeunesse contre les préjugés : Katitzi la Tzigane ou les souvenirs d'enfance de la Suédoise Katarina Taïkon
Julie Gallego, maître de conférences à l’UPPA, CRPHL
Les figures des Bohémiens dans les carnavals en Pays Basque
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Les archives du contact
Traces de l’échange et fragments d’amitié entre Paul Bataillard et les Bohémiens en France, des années 1840 aux années 1880
Ilsen About, historien, CNRS, Paris