Filmographie

Ces notices concernent les films du cycle « Tsiganes, nomades : un malentendu européen », cinéma des Trois Luxembourg, Paris 5e, du 5 au 11 octobre 2011. Ces fiches sont réalisées par Nicolas Geneix.

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Roms, tsiganes, nomades – un malentendu européen

Le colloque « “Tsiganes”, “Nomades” : un malentendu européen » s’est tenu à Paris et à Pau en octobre et novembre 2011.

Ce colloque scientifique fut composé de deux volets :

  • À Paris, du 6 au 9 octobre 2011, « Tsiganes », « Nomades » : un malentendu européen. Il a été accompagné d’un cycle de films au cinéma Trois Luxembourg, du 5 au 11 octobre 2011.
  • À Pau, les 24 et 25 novembre 2011, « Tsiganes », « Nomades » : le cas français.

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District !

(Nyócker!)

Film d’animation de Aron Gauder (Hongrie, 2004, 1h25). Scénario de Máriusz Bari, Viktor Nagy, László Jakab Orsós, Erik Novák (producteur). Animateurs : Eva Mandula, Kincso Palotas (monteur), Gergo Kozma, Melinda Nyulasz, Sandor Biro, Györgyi Palfianita Niklesz, Tamas Horvarth. Conception graphique : Emese Toth. Chef décorateur : Igor Boka. Musique : Ludditák, L.L. Junior, Dj Mango, Dj Dermot, Ogly G., Copycon, Secretman, Ganxta Zolee, Kamikaze, Spacecafé. Distribution : L.L. Junior (Ricsi Lakatos), Laszlo Szacsvay (Guszti Lakatos), Gyozo Szabo (Karoly Csorba), Casba Pindroch (Beluska), Gabor Csöre (Simon Csorba / Chen). Cristal du long métrage au Festival d’Annecy (2005).

Synopsis

Lutte de clans dans un ghetto de Budapest. Les habitants de la Zone 8, connue localement comme « Da 8 », ont grandi au sein de tensions entre ethnies permanentes : Hongrois de souche, Tsiganes, Arabes, Chinois, Américains, Allemands… Les rivalités entre familles sont leur lot quotidien. Pourtant, Ricsi, le plus jeune du clan tsigane des Lakatos essaie de trouver une manière d’apaiser la famille roumaine des Csorba, et plus particulièrement de s’attirer les faveurs de leur fille, la belle Julika. Il réalise bien vite que seul l’argent pourra leur apporter la paix, et que seul le pétrole pourra leur apporter l’argent… jusqu’à éveiller l’attention du G8…

À propos du film

Le cinéma hongrois récent bouscule volontiers ses spectateurs : lors de la sortie de Taxidermia (György Pálfi, 2006), la critique hésitait entre la sidération esthétique produite par des images particulièrement insolites et l’embarras face à ce que l’on nomme parfois le mauvais goût. Or, c’était bien l’histoire nationale qui se voyait interrogée à travers une histoire et des personnages improbables… Les qualités des plus ou moins jeunes réalisateurs de Budapest (Tarr, Fliegauf, Gárdos…) sont aujourd’hui connues : image très travaillée, scénarios ambitieux, atmosphères puissantes, désir de déstabiliser. C’est aussi dans ce contexte créatif qu’il faut voir District ! : satire et provocation, certes, mais aussi combinaison innovante de techniques d’animation. Le dessin à la main et une photo retouchée 2D / 3D, un fort soutien de la bande-son. Un peu comme pour Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008), il s’agit de trouver des solutions originales et pas trop onéreuses (voir à cet égard la courte liste d’animateurs), tout en maintenant de vraies exigences scénaristiques. En l’occurrence, ce premier long métrage d’Aron Gauder, qui travaille aussi dans le documentaire ou pour le Musée National, s’appuie sur une série éponyme diffusée par la télévision hongroise. Autre intérêt, aussi musical que socio-linguistique, le « foisonnement de dialogues dans de multiples langues » (Eithe O’Neill), qui contribue au rythme particulièrement enlevé, presque frénétique, du film. Le « rap gitan », ici largement mobilisé, s’inspire certes de modèles américains vus à la télévision, mais « de manière très originale », ainsi que le souligne Aron Gauder dans le dossier de presse. De la même façon, s’il y a dans District! de possibles échos aux caricatures de South Park, il s’agit ici du quartier 8 qu’à Budapest tout le monde connaît, une sorte de « légende urbaine » dont le melting-pot reflète une société européenne contemporaine. Se voient alors posées les complexes questions de la diversité, mais aussi de l’hybridation artistiques et communautaires

« Si District !, à l’évidence, représente une voix nouvelle dans l’espace politique des représentations ethniques, le film demeure conservateur quant à un certain imaginaire masculin et national. Les femmes, souvent, restent en arrière-plan et relèvent de stéréotypes (mères, prostituées…) à l’exception du duo des Ludditák. (…) Finalement, le film complique toutes les représentations ethniques, en les donnant à voir, en les déplorant, en les rendant exotiques et en s’en moquant tout à la fois. Il montre du doigt la fragile unité de l’Etat post-socialiste, (…) tout comme un capitalisme international manipulant plus efficacement des nationalismes que les appels venus d’en haut concernant la pureté de la langue et l’amour de la patrie. » (Imre Anikó, University of Southern California, Kinokultura, 2008 – traduction de l’anglais) ? « En Hongrie, les plus de 16 ans ont fait un triomphe à cette version délirante de Roméo et Juliette, alias Ritchie et Julie, qui tentent de filer le grand amour dans un quartier de Budapest où s’étripent prostituées, macs, flics et autres paumés. Avec leurs corps en 2D, pleins de protubérances et de trous noirs, et leurs visages en 3D, découpés dans des photos retouchées, les personnages dégagent une profondeur inquiétante. A la fois fluides et violents, ils ondulent avec rage sur un scénario ahurissant d’originalité, pour ne pas dire follement improbable. Histoire de s’enrichir, les jeunes du ghetto remontent le temps direction la préhistoire, où les mammouths, c’est bien connu, se transforment en puits à pétrole une fois recouverts de shampoing ! Plus tard, on croise Bush, Poutine ou Chirac, qui bombardent Bucarest au lieu de Budapest, afin de récupérer quelques pétrodollars. Pour donner un peu de liant à ce fascinant foutoir, la bande-son rassemble le meilleur du hip-hop hongrois, et précise les pensées des héros avec une verdeur corrosive. » (Marine Landrot, Télérama, n° 2933, avril 2006)

Débat avec Michael Stewart et Kata Horvath (anthropologues).

Dans ce dossier

Drame dans le camp de tsiganes de la région de Moscou

Fiction de Vladimir Siversen (réalisateur et opérateur) ; Russie, 1908, 2 min. 17 s. Production : Compagnie Khanjonkov et Osh. Date de première diffusion : 20 décembre 1908 (source : Kinogaz.fr). Le film lance la carrière du producteur Alexandre Khanjonkov, qui sera déchu de ses droits en 1917. …

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Das Falsche Wort

(Le Mensonge)

Documentaire de Katrin Seybold (réalisation) et Mélanie Spitta (scénario, voix off) ; Allemagne, 1987, 1h23.Opérateurs : Alfred Tischawsky, Heiner Stadler, Klaus Bartels. Musique : Georges Boulanger.

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Les Romanes

Documentaire de Jacques Deschamps (réalisation, écriture et son) ; France, 2011, 72 min., HDV – inédit. Montage : Agnès Bruckert. Producteur délégué : Agat films & Cie. Distributeur : Doc and Film International.

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La place

Documentaire de Marie Dumora (réalisation, écriture, photo) ; France, 2010, 1h50 – inédit. Ingénieure du son : Aline Huber. Production : Estelle Fialon, Les Films du Poisson.

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Latcho Drom

Documentaire de Tony Gatlif (réalisation et scénario) ; France, 1992, 1h43. Image : Eric Guichard. Montage : Nicole Berckmans. Ingénieur du son : Nicolas Naegelen. Direction artistique : Denis Mercier. Assistant réalisateur : Alexandre Gavras. Conseiller musical : Alain Weber. Avec : Tchavolo …

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La pierre lancée

(Feldobott kö)

Fiction de Sándor Sára ; Hongrie, 1968, 1h31, noir et blanc. Studio n° 3 de MAFILM. Scénario : Sándor Csoóri, Ferenc Kósa, Sándor Sára. Musique : András Szöllösy. Décors : László Duba Distribution : Lajos Balázsovits (Balázs), Todor Todorov (Ilias, le jeune Grec), János Pásztor (le père), Katalin …

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Les tsiganes montent au ciel

(Tabor ukhodit v nebo)

Fiction de Emil Loteanou ; URSS, 1976, 1h41. Scénario : Emil Loteanou, d’après Gorki, notamment le récit Macare Tchudra. Photographie : Sergueï Vronski. Son : Mark Bronchtein. Décors : Felix Yassioukevitch. Costumes : Mikhaïl Antonian. Musique : Evgueni Doga ; orchestre symphonique du Bolchoï. …

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Jimmy Rivière

Fiction de Teddy Lussi Modeste ; France, 2011,1h40. Scénario : Teddy Lussi Modeste et Rebecca Zlotowski. Photographie : Claudine Natkin. Montage : Albertine Lastera. Son : Antoine Corbin, Julien Ngo Trong et Mélissa Petitjean. Musique : Rob. Décors : Citronelle Dufay. Costumes : Caroline Tavernier. …

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Gitano

Fiction de Manuel Palacios ; Espagne, 2001, 1h46. Scénario : Manuel Palacios et Arturo Pérez Riverte Photo : Hans Burmann, Angel Hernandez Zoido. Musique : Eca Gancedo. Durée : 1h46. Distribution : Joaquín Cortès (Andrés Heredia), Laetitia Casta (Lucia Junco), Marta Belaustegui (Lola Junco), Ginés …

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J’ai même rencontré des tsiganes heureux

(Skupljaci perja)

Fiction de Aleksandar Petrovic (réalisation scénario, musique); Yougoslavie, 1967, 1h34. Photographie : Tomislav Pinter ; montage : Mirjana Mitic ; décors : Veljko Despotovic ; costumes : Maja Galasso. Interprétation : Bekim Fehmiu (Bora), Olivera Vuco (Lence), Velimir « Bata » Zivojinovic (Tisa), …

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Kenedi goes back home

(Kenedi se vra a ku i)

Documentaire de Želimir Žilnic ; Yougoslavie (Serbie-et-Monténégro), 2003, 1h13. Photo : Miodrag Milosevic. Son : Vladimir Stanojevic (enregistrement du son), Danijel Milosevic (montage sonore et mixage). Montage : Marko Cvejic. Avec Kenedi Hasani, Denis Ajeti, Orhan Berisa…

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Des français sans histoire

Documentaire de Raphaël Pillosio ; France, 2009, 84 min, HDV. Image : Jérémie Jorrand Son : Fabrice Marache. Montage : Aurélien Manya. Avec Ignacio Gimenez, Louise Dourlet, Denise Weiss… Co-production l’atelier documentaire / 24 Images / Le Mans Télévision.

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