Drame dans le camp de tsiganes de la région de Moscou
Vladimir Siversen
Fiction de Vladimir Siversen (réalisateur et opérateur) ; Russie, 1908, 2 min. 17 s. Production : Compagnie Khanjonkov et Osh.
Date de première diffusion : 20 décembre 1908 (source : Kinogaz.fr). Le film lance la carrière du producteur Alexandre Khanjonkov, qui sera déchu de ses droits en 1917.
Carton d’introduction : « Les personnages sont interprétés par des Tsiganes du camp près de Moscou ».
Synopsis
Une histoire tragique, entre amour et crime. Jeune et belle, elle est fiancée ; mais un autre homme, de nuit, la réveille et l’emmène loin du campement. Au milieu de la nature, il est insistant, elle refuse. L’ayant poignardée, il perd toute maîtrise de lui-même, et s’enfuit, tandis que deux hommes à cheval surgissent, trop tard. Puis ce sont d’autres hommes et femmes, des enfants, qui entourent la dépouille de la malheureuse. De la hauteur où tous se trouvent, le meurtrier se jette et se tue : vision finale sur son cadavre écrasé sur un rocher.
À propos du film
« Notre attention avait été attirée par un camp de tsiganes de la région de Moscou. Tout s’y trouvait à portée de la main : une jeune et svelte tsigane et un magnifique garçon au visage démoniaque, ainsi que la masse des anciens et des gamins, incroyablement sales et bruyants. » (Mémoires du producteur A. Khanjonkov, 1937).
Quelques éléments d’analyse
Il s’agit du premier film de fiction sur les Tsiganes, tourné en l’an 1 du cinéma russe, la même année que le plus célèbre Stenka Razine (Vladimir Romachkov, 6 min.), mais quant à lui jamais diffusé. Entre les deux films, une structure narrative proche (drame communautaire, mort violente d’une jeune fille à cause de la brutalité masculine) et un goût manifeste pour le folklore via le cliché de la « princesse orientale » et des costumes spectaculaires qui renforcent l’ « attraction » (André Gaudreault) caractéristique du cinéma des premiers temps.
Plus précisément, ce court film correspond tout à fait à ce qui se fait au cinéma entre 1900 et 1915 : cadrage frontal, hyper-densité narrative (à laquelle du reste nous ne sommes plus habitués), rythme enlevé et jeu marqué.
La caméra, cependant, est ici plus proche des personnages que dans Stenka Razine, offrant ainsi des cadrages peut-être plus subtils quoique s’inscrivant dans la même perspective du « style non-continu » (Tom Gunning) du plan-tableau : le couple au milieu des herbes, le panoramique donnant à voir les Tsiganes assoupis près des tentes, l’homme au bord d’un précipice…
La dimension documentaire est aussi évidente (les acteurs n’en sont pas, les personnages sont joués par des Tsiganes) que contrariée par la forte théâtralité et la mobilisation de lieux communs reconnaissables : le vêtement « traditionnel » (couronne de fleurs, chapeau…), la jeune fille victime d’un comportement violent, les chevaux, le couteau. Curieusement, les grands gestes de mains (plan 1, plan 3, plan 4), s’ils relèvent d’une pantomime soulignant les actes et les affects, ne sont pas sans évoquer (consciemment ?) un univers culturel qui n’ignore pas la danse.
Des effets visuels assez habiles structurent la narration : la jeune fille est relevée par une main masculine (plan 1) et tourne sur elle-même pour partir avec son fiancé, alors que c’est une autre main masculine qui l’assassine à l’issue d’un autre tour sur elle-même (plan 3). Le panoramique du plan 2 est double, et pour cela plutôt original : la caméra suit le futur meurtrier, venu d’une zone médiane et lointaine, cherchant à gauche la femme qu’il désire, puis il l’emmène vers la droite, dans un espace plus dégagé, mais aussi plus dangereux car vide de ceux qui auraient pu la protéger.
Quelques défauts techniques témoignent enfin d’un art naissant : un passant au loin, qui semble se rendre compte qu’il est passé inopinément dans le champ, un enfant qui regarde la caméra en plein climax pathétique. Une certaine authenticité en résulte paradoxalement. A contrario, un doigt (1 min. 49 s.) semble bien indiquer dans son mouvement de gauche à droite la mise en scène réclamant l’entrée dans le cadre des figurants qui font et sont le spectacle…
Le film sera reprojeté lundi 10 à 14h avec un montage d’autres documents rares.
Das Falsche Wort
(Le Mensonge)
Katrin Seybold, Mélanie Spitta
Documentaire de Katrin Seybold (réalisation) et Mélanie Spitta (scénario, voix off) ; Allemagne, 1987, 1h23.Opérateurs : Alfred Tischawsky, Heiner Stadler, Klaus Bartels. Musique : Georges Boulanger.
Les Romanes
Jacques Deschamps
Documentaire de Jacques Deschamps (réalisation, écriture et son) ; France, 2011, 72 min., HDV – inédit. Montage : Agnès Bruckert. Producteur délégué : Agat films & Cie. Distributeur : Doc and Film International.
La place
Marie Dumora
Documentaire de Marie Dumora (réalisation, écriture, photo) ; France, 2010, 1h50 – inédit. Ingénieure du son : Aline Huber. Production : Estelle Fialon, Les Films du Poisson.
Latcho Drom
Tony Gatlif
Documentaire de Tony Gatlif (réalisation et scénario) ; France, 1992, 1h43. Image : Eric Guichard. Montage : Nicole Berckmans. Ingénieur du son : Nicolas Naegelen. Direction artistique : Denis Mercier. Assistant réalisateur : Alexandre Gavras. Conseiller musical : Alain Weber. Avec : Tchavolo …
District !
(Nyócker!)
Aron Gauder
Film d’animation de Aron Gauder (Hongrie, 2004, 1h25). Scénario de Máriusz Bari, Viktor Nagy, László Jakab Orsós, Erik Novák (producteur). Animateurs : Eva Mandula, Kincso Palotas (monteur), Gergo Kozma, Melinda Nyulasz, Sandor Biro, Györgyi Palfianita Niklesz, Tamas Horvarth. Conception graphique …
La pierre lancée
(Feldobott kö)
Sándor Sára
Fiction de Sándor Sára ; Hongrie, 1968, 1h31, noir et blanc. Studio n° 3 de MAFILM. Scénario : Sándor Csoóri, Ferenc Kósa, Sándor Sára. Musique : András Szöllösy. Décors : László Duba Distribution : Lajos Balázsovits (Balázs), Todor Todorov (Ilias, le jeune Grec), János Pásztor (le père), Katalin …
Les tsiganes montent au ciel
(Tabor ukhodit v nebo)
Emil Loteanou
Fiction de Emil Loteanou ; URSS, 1976, 1h41. Scénario : Emil Loteanou, d’après Gorki, notamment le récit Macare Tchudra. Photographie : Sergueï Vronski. Son : Mark Bronchtein. Décors : Felix Yassioukevitch. Costumes : Mikhaïl Antonian. Musique : Evgueni Doga ; orchestre symphonique du Bolchoï. …
Jimmy Rivière
Lussi Modeste
Fiction de Teddy Lussi Modeste ; France, 2011,1h40. Scénario : Teddy Lussi Modeste et Rebecca Zlotowski. Photographie : Claudine Natkin. Montage : Albertine Lastera. Son : Antoine Corbin, Julien Ngo Trong et Mélissa Petitjean. Musique : Rob. Décors : Citronelle Dufay. Costumes : Caroline Tavernier. …
Gitano
Manuel Palacios
Fiction de Manuel Palacios ; Espagne, 2001, 1h46. Scénario : Manuel Palacios et Arturo Pérez Riverte Photo : Hans Burmann, Angel Hernandez Zoido. Musique : Eca Gancedo. Durée : 1h46. Distribution : Joaquín Cortès (Andrés Heredia), Laetitia Casta (Lucia Junco), Marta Belaustegui (Lola Junco), Ginés …
J’ai même rencontré des tsiganes heureux
(Skupljaci perja)
Aleksandar Petrovic
Fiction de Aleksandar Petrovic (réalisation scénario, musique); Yougoslavie, 1967, 1h34. Photographie : Tomislav Pinter ; montage : Mirjana Mitic ; décors : Veljko Despotovic ; costumes : Maja Galasso. Interprétation : Bekim Fehmiu (Bora), Olivera Vuco (Lence), Velimir « Bata » Zivojinovic (Tisa), …
Kenedi goes back home
(Kenedi se vra a ku i)
Želimir Žilnic
Documentaire de Želimir Žilnic ; Yougoslavie (Serbie-et-Monténégro), 2003, 1h13. Photo : Miodrag Milosevic. Son : Vladimir Stanojevic (enregistrement du son), Danijel Milosevic (montage sonore et mixage). Montage : Marko Cvejic. Avec Kenedi Hasani, Denis Ajeti, Orhan Berisa…
Des français sans histoire
Raphaël Pillosio
Documentaire de Raphaël Pillosio ; France, 2009, 84 min, HDV. Image : Jérémie Jorrand Son : Fabrice Marache. Montage : Aurélien Manya. Avec Ignacio Gimenez, Louise Dourlet, Denise Weiss… Co-production l’atelier documentaire / 24 Images / Le Mans Télévision.