Filmographie

Ces notices concernent les films du cycle « Tsiganes, nomades : un malentendu européen », cinéma des Trois Luxembourg, Paris 5e, du 5 au 11 octobre 2011. Ces fiches sont réalisées par Nicolas Geneix.

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Roms, tsiganes, nomades – un malentendu européen

Le colloque « “Tsiganes”, “Nomades” : un malentendu européen » s’est tenu à Paris et à Pau en octobre et novembre 2011.

Ce colloque scientifique fut composé de deux volets :

  • À Paris, du 6 au 9 octobre 2011, « Tsiganes », « Nomades » : un malentendu européen. Il a été accompagné d’un cycle de films au cinéma Trois Luxembourg, du 5 au 11 octobre 2011.
  • À Pau, les 24 et 25 novembre 2011, « Tsiganes », « Nomades » : le cas français.

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Jimmy Rivière

Fiction de Teddy Lussi Modeste ; France, 2011,1h40.
Scénario : Teddy Lussi Modeste et Rebecca Zlotowski.
Photographie : Claudine Natkin.
Montage : Albertine Lastera.
Son : Antoine Corbin, Julien Ngo Trong et Mélissa Petitjean.
Musique : Rob.
Décors : Citronelle Dufay.
Costumes : Caroline Tavernier.
Distribution : Guillaume Gouix (Jimmy Rivière), Béatrice Dalle (Gina), Hafsia Herzi (Sonia), Serge Riaboukine (José), Pamela Flores (Becka), Jacky Patrac (Ezechiel), Canaan Marguerite (Mario)…

« Je ressentais comme un besoin de filmer ma communauté, c’était lié à mon désir de cinéma. Partir de ce désir-là pour montrer quelque chose qui concerne tout le monde. Filmer la communauté, et le monde à partir d’elle. Le film ne revendique, ni ne dénonce rien, mais il est politique dans le sens où je choisis de raconter une histoire universelle avec un personnage de gitan. » (Teddy Lussi Modeste, Nice-Matin, 7 mars 2011)

Synopsis

Il est pâle et tout de blanc vêtu, Jimmy le gitan. Aujourd’hui, c’est son jour : dans un lac, non loin des roulottes, son pasteur va le baptiser. Pentecôtiste, qu’il va devenir. Car Jimmy a fini par ouvrir son cœur et Jésus l’a terrassé, l’a brisé, l’a envahi. Il l’a délivré de sa vie d’avant : ses chicanes incessantes, ses soûleries répétées. Et puis la chasse aux filles… Le voilà pur, désormais, délivré de toutes les passions. Prêt à croire en Jésus, en ce pasteur qui veut voir en lui son successeur, en ses frères et sœurs qui, avant lui, ont connu la révélation… Sauf que tout ça, c’est faux, archi faux. Pur, lui ? Tu parles… La boxe le tient toujours : plaisir fou de se retrouver sur un ring, rage de donner des coups et d’en prendre pour mieux les rendre… Et cette fille, aussi, avec qui il a rompu, mais qui s’accroche, exaspérée d’avoir été lâchée pour Jésus : plus elle gueule, plus elle l’engueule, et plus il a envie d’elle…
(Pierre Murat, Télérama, mars 2011)

Propos de Teddy Lussi Modeste

« Au départ, il y avait simplement l’idée de raconter l’histoire de quelqu’un qui se sent étranger à sa famille et à sa communauté et de comment il va négocier son appartenance. En quelque sorte, je voulais montrer comment on peut appartenir tout étant différent à sa propre communauté. Je suis aussi un voyageur et j’ai voulu placer cette histoire dans un milieu que je connais bien, dont je connais les règles. La question de la foi, de la spiritualité est venue après, car en ce moment c’est une question très importante pour le voyageurs en France : la moitié se sont convertis au pentecôtisme alors que l’autre moitié est restée catholique. En plus, il s’agit d’un mouvement évangélique, qui veut porter la bonne nouvelle aux autres voyageurs, par exemple venant de la Belgique, de l’Italie ou de l’Espagne.
Quant à la boxe, passion du protagoniste, c’est une question plus personnelle voire familiale, car mon père est boxeur et entraîneur. (…)

Jimmy est un personnage qui aimerait se conformer: il aimerait tout simplement être comme les autres jeunes de sa communauté. Sauf qu’il se rend compte qu’il est attiré par l’extérieur, sa place ne lui suffit pas. Et ça, c’est aussi une question plus générale où tout le monde peut se retrouver : est-ce que dans notre famille, dans notre communauté tout est à apprendre ou bien y a-t-il des choses avec lesquelles il faut négocier ? Tout au long du film, Jimmy va travailler à ses questions, jusqu’à trouver une place dans sa communauté. (…)

Pour moi, il était très important de représenter dans le film à la fois le cercle de la famille de Jimmy, de la communauté des voyageurs, mais aussi la communauté républicaine, la société française dans son ensemble. Dans une scène, Jimmy est au café avec sa copine et des amis (dont une d’origine africaine, l’autre maghrébin, etc.) : des jeunes qui représentent la France d’aujourd’hui. Et là l’expression “Pauvre France” par un de ces jeunes, est en réalité un hommage à cette France multiculturelle que j’aime bien car elle se construit, elle cherche son identité et c’est aussi aux gitans de faire évoluer son identité. La question du racisme est aussi présente dans le film, lorsqu’il est question d’un terrain pour une rencontre spirituelle dont le Préfet nie l’utilisation aux voyageurs. (…)

Je pense avoir eu beaucoup plus de chances en vivant en France qu’en vivant en Roumanie par exemple. Je pense que la France a permis à quelqu’un comme moi, qui vient d’un milieu où il n’y avait pas de cinéma, pas de culture au sens livresque ou scolaire, d’avoir accès à tout ça. Je pense donc qu’il faut construire ce parcours aussi dans les autres pays européens. Jimmy Rivière n’est pas un film politique car je ne fait pas l’éloge des voyageurs, mais j’ai fait le choix de raconter une histoire qui concerne tout le monde, avec un gitan comme protagoniste. (…)

Dans le film, on voit bien que l’émancipation vient des femmes, que ce soit la copine, la sœur, la mère… tous ces personnages féminins permettent à Jimmy de se libérer, de s’émanciper. Notamment Sonia (Hafsia Herzi, actrice dans La Graine et le Mulet, voix dans Le Chat du Rabbin), la copine de Jimmy qui se rend compte qu’il n’est pas avec elle seulement pour une relation de désir, mais aussi d’amour, et c’est ça qu’il doit accepter aussi.

(Source : Cafebabel.com)

Réception critique

« Un premier film original, stylisé, affranchi des guitares à la Gipsy Kings, où l’eau et la forêt jouent un rôle initiatique, un film âpre, rythmé comme un chaos, entre lyrisme et mélancolie. » (Jean-Luc Douin, Le Monde, 9 mars 2011)

« Alléluia : le cinéma français a trouvé son Nicholas Ray, ou son Elia Kazan (…) Les gens du voyage ne voyagent plus, plus rien n’est comme avant, le temps des mythes est terminé, et l’on ne peut ménager la chèvre et le chou. A force de refuser de choisir, d’être au four et au moulin, Jimmy va tout gâcher.
C’était écrit : Jimmy Rivière est un film de loser, il est déjà trop tard. Mais, et c’est là que Lussi-Modeste a en lui quelque chose de ces cinéastes des perdants américains des années 50, la lose sera magnifique. (…)
Doucement, de manière éclatée, sans rien mâcher par des dialogues explicatifs, Lussi-Modeste nous fait découvrir le monde mouvementé de Jimmy Rivière, son Johnny Guitar à lui » (Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles)

« La force de ce premier long métrage, c’est de se transformer sans cesse, au gré de son héros qui doute, qui dérape. Presque réaliste, d’abord, lorsqu’il observe avec ferveur le monde des « voyageurs » dont il est issu, Teddy Lussi-Modeste change de style par saccades. Lorsque, dans le noir d’une forêt, Jimmy retrouve la fille qu’il aime, on flirte avec le conte fantastique. Alors que dans la confession inattendue de la sœur de Jimmy, on bascule dans le mélo – le vrai, le beau, celui qui, en révélant des destins fracassés, touche au cœur…
Le réalisateur a eu de la chance : pour ce film où il devait coller à son personnage, ne le lâcher à aucun moment, faire de ses errances, de ses incertitudes le cœur même de l’action, il a trouvé un acteur de rêve. On avait entrevu Guillaume Gouix dans Copacabana, de Marc Fitoussi (en clodo), on l’avait remarqué dans Poupoupidou, de Gérald Hustache-Mathieu (il y jouait un flic fou de la police canadienne et secrètement gay). Ici, il est absolument remarquable, dégageant une aisance, une fébrilité et, plus encore : une sauvagerie assez rare chez les jeunes comédiens français. On le verrait bien, comme Richard Widmark, jadis, dans Le Carrefour de la mort, de Henry Hathaway, balancer une mémé dans un escalier en ricanant. On le verrait, encore plus, arpenter nerveusement les rues d’une grande ville, tel Al Pacino dans Serpico, de Sidney Lumet » (Pierre Murat, art. cit.)

En présence du réalisateur. Débat animé par Dominique Chansel.

Dans ce dossier

Drame dans le camp de tsiganes de la région de Moscou

Fiction de Vladimir Siversen (réalisateur et opérateur) ; Russie, 1908, 2 min. 17 s. Production : Compagnie Khanjonkov et Osh. Date de première diffusion : 20 décembre 1908 (source : Kinogaz.fr). Le film lance la carrière du producteur Alexandre Khanjonkov, qui sera déchu de ses droits en 1917. …

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Das Falsche Wort

(Le Mensonge)

Documentaire de Katrin Seybold (réalisation) et Mélanie Spitta (scénario, voix off) ; Allemagne, 1987, 1h23.Opérateurs : Alfred Tischawsky, Heiner Stadler, Klaus Bartels. Musique : Georges Boulanger.

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Les Romanes

Documentaire de Jacques Deschamps (réalisation, écriture et son) ; France, 2011, 72 min., HDV – inédit. Montage : Agnès Bruckert. Producteur délégué : Agat films & Cie. Distributeur : Doc and Film International.

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La place

Documentaire de Marie Dumora (réalisation, écriture, photo) ; France, 2010, 1h50 – inédit. Ingénieure du son : Aline Huber. Production : Estelle Fialon, Les Films du Poisson.

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Latcho Drom

Documentaire de Tony Gatlif (réalisation et scénario) ; France, 1992, 1h43. Image : Eric Guichard. Montage : Nicole Berckmans. Ingénieur du son : Nicolas Naegelen. Direction artistique : Denis Mercier. Assistant réalisateur : Alexandre Gavras. Conseiller musical : Alain Weber. Avec : Tchavolo …

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District !

(Nyócker!)

Film d’animation de Aron Gauder (Hongrie, 2004, 1h25). Scénario de Máriusz Bari, Viktor Nagy, László Jakab Orsós, Erik Novák (producteur). Animateurs : Eva Mandula, Kincso Palotas (monteur), Gergo Kozma, Melinda Nyulasz, Sandor Biro, Györgyi Palfianita Niklesz, Tamas Horvarth. Conception graphique …

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La pierre lancée

(Feldobott kö)

Fiction de Sándor Sára ; Hongrie, 1968, 1h31, noir et blanc. Studio n° 3 de MAFILM. Scénario : Sándor Csoóri, Ferenc Kósa, Sándor Sára. Musique : András Szöllösy. Décors : László Duba Distribution : Lajos Balázsovits (Balázs), Todor Todorov (Ilias, le jeune Grec), János Pásztor (le père), Katalin …

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Les tsiganes montent au ciel

(Tabor ukhodit v nebo)

Fiction de Emil Loteanou ; URSS, 1976, 1h41. Scénario : Emil Loteanou, d’après Gorki, notamment le récit Macare Tchudra. Photographie : Sergueï Vronski. Son : Mark Bronchtein. Décors : Felix Yassioukevitch. Costumes : Mikhaïl Antonian. Musique : Evgueni Doga ; orchestre symphonique du Bolchoï. …

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Gitano

Fiction de Manuel Palacios ; Espagne, 2001, 1h46. Scénario : Manuel Palacios et Arturo Pérez Riverte Photo : Hans Burmann, Angel Hernandez Zoido. Musique : Eca Gancedo. Durée : 1h46. Distribution : Joaquín Cortès (Andrés Heredia), Laetitia Casta (Lucia Junco), Marta Belaustegui (Lola Junco), Ginés …

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J’ai même rencontré des tsiganes heureux

(Skupljaci perja)

Fiction de Aleksandar Petrovic (réalisation scénario, musique); Yougoslavie, 1967, 1h34. Photographie : Tomislav Pinter ; montage : Mirjana Mitic ; décors : Veljko Despotovic ; costumes : Maja Galasso. Interprétation : Bekim Fehmiu (Bora), Olivera Vuco (Lence), Velimir « Bata » Zivojinovic (Tisa), …

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Kenedi goes back home

(Kenedi se vra a ku i)

Documentaire de Želimir Žilnic ; Yougoslavie (Serbie-et-Monténégro), 2003, 1h13. Photo : Miodrag Milosevic. Son : Vladimir Stanojevic (enregistrement du son), Danijel Milosevic (montage sonore et mixage). Montage : Marko Cvejic. Avec Kenedi Hasani, Denis Ajeti, Orhan Berisa…

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Des français sans histoire

Documentaire de Raphaël Pillosio ; France, 2009, 84 min, HDV. Image : Jérémie Jorrand Son : Fabrice Marache. Montage : Aurélien Manya. Avec Ignacio Gimenez, Louise Dourlet, Denise Weiss… Co-production l’atelier documentaire / 24 Images / Le Mans Télévision.

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